Le coup de gueule d’un producteur sur MySpace au sujet de la censure de YouTube

La saison des festivals de musique en plein air et des meetings aériens commence, raison probablement pour laquelle lebloggadget se sent l’âme très musicale. Sur leblogluxe vous trouverez une note concernant un record de vente pour un 45 Tours de Frank Wilson et, de fil en aiguille je suis tombé sur la page MySpace de l’auteur du clip vidéo illustrant la note et publié sur YouTube.

Comme c’est également la saison des discussions stériles de députés n’entendant rien ni à la musique dans son ensemble ni au droit d’auteur ni à l’économie numérique, exception faite des courageuses stars de l’hémicycle que sont Martine Billard et Jean-Pierre « le costard » Brard, discussions sur le texte de loi visant à forcer l’adoption de l’inapplicable excentricité voulue (même imposée) par les majors appelée HADOPI, un petit sujet intéressant sur ce monde étrange des loisirs numériques ne fera pas de mal.

L’auteur du clip vidéo de Frank Wilson, Ian Levine, n’est pas un inconnu outre-Manche et ce producteur de disques, qui a sorti en février dernier une compilation en hommage au festival Northern Soul du Wigan Casino, n’a pas la langue dans sa poche sur sa page MySpace.

Il tente régulièrement de publier sur YouTube des vidéos de Soul Music dont il est l’auteur et dont les droits musicaux ont été dûment acquis à travers les différentes maisons de disques. Mais la formidable machine YouTube, qui n’est pas rentable, tout  le monde le sait, est forcée par les maisons de disques à supprimer tout contenu suspecté de « piratage ».

Ian Levine appelle ça « tirer avant de discuter », une pratique bien utile. Il explique sur sa page MySpace que déjà 5 vidéos ont été retirées de YouTube avant de lui demander son avis, que ses courriers de protestations restent lettre morte et, pour finir, qu’il aurait déniché que le team chargé d’éliminer avant de poser des questions serait basé en Inde… là où tout le Commonwealth préfère employer des équipes entières dans des Call Center qui reviennent bien moins cher qu’au Royaume de Sa Majesté (si vous n’avez pas encore vu « Slumdog Millionaire », ça va être le moment). La Francophonie se rabat généralement sur le Maroc (pardonnez le jeu de mots) pour ce type de pratique commerciale.

Bref, tout ça pour dire que Ian Levine, qui se réclame de 4 millions de hits sur ses vidéos, est complètement remonté contre le système très arbitraire employé par YouTube pour décider si telle ou telle vidéo est diffusable ou pas, en fonction des différents désidératas des maisons de disques.

Anéfé, la dernière vidéo en date qu’il a tenté de diffuser, qui a été tout bonnement retirée sans plus d’explication qu’un message automatique, prétendait violer les droits détenus par Alley Music. Après discussion avec cette maison de disque, il est apparu qu’Alley Music ne réclamait pas la violation de droits d’auteurs mais qu’il s’agissait d’un simple malentendu concernant la publication de la vidéo. Comme il est apparemment impossible de joindre qui que ce soit sur YouTube même quand on est soi-même producteur indépendant, imaginez juste l’imbroglio que ça va être si un jour une aberration comme HADOPI est adoptée.

Du coup la musique de Frank Wilson nous semble très à propos, de même que l’histoire de son disque que nous vous conseillons de découvrir. Malgré ces affaires de gros sous qui ne datent pas d’hier, on aimera toujours la musique.

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